Marseille 1-2 Dortmund : Anigo avec des idées

Elie Baup limogé samedi dernier après la défaite face à Nantes (0-1), c’est avec Anigo aux commandes que l’OM se présentait pour sa dernière rencontre en phase de poules de cette Ligue des Champions. Le nouvel entraîneur avait l’occasion de sauver l’honneur pour le club phocéen, toujours dernier avec 0 point, face à un Borussia orphelin de sa défense type et pas encore qualifié.

  • Les effectifs
  • Avant l’expulsion de Payet 
    • Un côté gauche marseillais toujours frileux
    • Un gros pressing allemand
  • Après l’expulsion de Payet
    • Le Borussia créé le surnombre
    • L’entrée de Morel
  • Conclusion

Les effectifs 

3ème dispositif

3ème dispositif différent en 3 mi-temps après le 4-3-3 puis le 4-2-3-1 utilisés contre Nantes. Anigo met en place un 4-4-2 inédit avec Khalifa en pointe avec Gignac. Lemina et Cheyrou sont reconduits au milieu de terrain.

Défense décimée pour les Bavarois. Sans Hummels, Bender ou Subotic, le BVB titularise le jeune Sarr derrière. Un temps incertain, Sahin est finalement aligné.

Défense décimée pour les Bavarois. Sans Hummels, Bender ou Subotic, le BVB titularise le jeune Sarr derrière. Un temps incertain, Sahin est finalement aligné.

Avant l’expulsion de Payet

Ce qui se présente comme un 4-4-2 se révèle être en réalité le 4-2-3-1 classique de l'OM, avec Thauvin en soutien d'André-Pierre Gignac. Khalifa prend l'aile droite.

Ce qui se présente comme un 4-4-2 se révèle être en réalité le 4-2-3-1 classique de l’OM, avec Thauvin en soutien d’André-Pierre Gignac. Khalifa prend l’aile droite.

Un coté gauche marseillais toujours frileux

D’entrée de jeu, le Borussia impose un gros pressing en attaquant régulièrement le porteur du ballon à trois joueurs. L’OM lui,trouve très peu de solutions offensives. Dortmund domine logiquement la rencontre et ouvre rapidement le score dès la 4ème minute par l’intermédiaire de Robert Lewandowski qui prend le dessus sur Lucas Mendes. Jurgen Klopp a bien vu les failles des Marseillais sur le côté gauche face à Nantes. C’est donc le côté droit allemand qui prend le dessus sur ce début de match, le BVB concentrant toutes ses attaques par des appels de sa paire Blaszczykowski – Grosskreutz, bien aidés par les nouvelles errances de Benjamin Mendy. Dortmund, une des meilleurs équipes de contre, ne se prive pas de profiter de ses passes rapides qui leur permettent de se procurer la plupart de ses occasions.

Mendy

Il suffit de quelques passes au Borussia pour arriver dans la surface de réparation marseillaise. Après une perte du ballon des Olympiens, Blaszczykowski reçoit rapidement le cuir et se retrouve avec un boulevard devant lui, puisque l’arrière gauche de l’OM Benjamin Mendy reste très loin du Polonais.

Grosskreutz

Grosskreutz a apporté à permis à son équipe de créer à plusieurs reprises le surnombre grâce à ses montées, notamment celle-ci, sur laquelle Payet l’oublie totalement.

Situation parfaitement illustrée par le graphique ci-dessous. Le BVB concentre la majorité de ses phases offensives de cette rencontre sur son côté droit, qui défensivement est le côté faible de l'OM.

Situation parfaitement illustrée par le graphique ci-dessous. Le BVB concentre la majorité de ses phases offensives de cette rencontre sur son côté droit, qui défensivement est le côté faible de l’OM.

Le paradoxe

Tout le paradoxe de ce match est démontré ici, puisque Dortmund n’a réussi que 4 de ses 31 centres. C’est inférieur à l’OM, qui n’a pourtant centré que deux fois moins.

L'autre

L’autre problème marseillais est l’espace conséquent laissé à Nuri Sahin dès que celui-ci avait le ballon. Ce dernier a donc pu réussir 91 % de ses passes, avec 112 passes réussies.

Un gros pressing allemand

Comme noté plus haut, l’OM fait face à un bloc allemand très présent dans la zone de Cheyrou et Lemina lors de la phase de récupération de ballon. Le double pivot marseillais a par conséquent eu du mal à construire face à un triangle défensif présent à chaque prise de balle du club phocéen et à l’affût de la moindre perte de balle. Mkhitaryan, le plus actif dans cette zone, a été le joueur commun à chaque tentative de récupération rapide du BVB. Après ce pressing, Dortmund n’a parfois besoin que de trois passes pour se retrouver en position de marquer. Celui effectué par l’OM sur les deux milieux Sahin – Kehl était faible et laissait le milieu arménien souvent libre de tout marquage entre les lignes.

Ce

Ce fameux triangle de récupération du Borussia Dortmund a posé énormément de difficultés aux Marseillais, comme sur cette perte de balle de Benoit Cheyrou qui va ouvrir le champ à une offensive allemande.

La même

La même chose est visible quand l’OM se présente dans le camp allemand. Sur cette image, c’est Thauvin qui va perdre le ballon, pressé par 3 joueurs.

Mkhitaryan

Mkhitaryan, omniprésent entre les lignes phocéennes, est libre sur cette action, qui aboutira à un service de Sarr pour l’ancien joueur du Shakhtar. L’Arménien aura tout le temps de servir un de ses attaquants par la suite.

Après l’expulsion de Payet

Le Borussia créé le surnombre

Malgré cette domination allemande, l’OM semble pourtant pouvoir tenir son point du match nul après le but de Souleymane Diawara (14ème minute). L’OM montre plus d’envie qu’auparavant, la charnière Diawara – Mendes ne fait que très peu d’erreurs de placement excepté sur le but de Lewandowski (contrairement à ce que l’on pouvait constater avec Elie Baup) et le BVB n’a pas de très nettes occasions. Malheureusement pour José Anigo, Dimitri Payet se fait exclure à la 34ème minute après un deuxième carton jaune pour simulation. De quoi rendre le côté gauche Marseillais encore plus fébrile. Suite à cela, l’entraîneur marseillais « par intérim » prend de nouvelles décisions. Un replacement tactique et une ligne défensive beaucoup plus basse. A partir de cette expulsion, l’OM va jouer clairement plus défensif et va subir les nombreux assauts allemands.

José Anigo replace Khalifa sur le côté gauche. Thauvin occupe donc l'autre côté.

José Anigo replace Khalifa sur le côté gauche. Thauvin occupe donc l’autre côté.

En phase

En phase offensive, quasiment tous les joueurs de Dortmund sont dans le camp marseillais. Ici, 9 joueurs sont présents.

Au contraire,

Au contraire, quand l’OM se présente dans la moitié de terrain adverse, c’est toute l’équipe qui défend, prête à contre-attaquer (Tous les joueurs sont présents sur cette capture). Dès que le ballon est récupéré, tout le bloc allemand attaque.

L’entrée de Morel

Malgré cette mentalité très défensive remarquée chez les Marseillais, les problèmes côté gauche ne désemplissent pas. José Anigo demande à Saber Khalifa de revenir défendre et bloquer les montées de Grosskreutz. Malheureusement, l’OM n’y arrive pas et la propension de Khalifa à repiquer dans l’axe provoque la sortie de l’attaquant tunisien. Anigo a bien compris d’où vient les divergeances des capacités latérales de l’Olympique de Marseille. L’ancien minot fait ainsi rentrer Jérémy Morel en lieu et place de l’ancien joueur d’Evian. Choix plutôt judicieux au départ puisque cette entrée entraîne un basculement du jeu allemand vers l’aile droite. Mais comme si toutes les blessures  déjà existantes des joueurs olympiens ne suffisaient pas, Lucas Mendes est sorti sur blessure à la mi-temps pour l’entrée d’Abdallah, Fanni glissant dans l’axe. Les latéraux marseillais constituent bien le point faible de l’OM dans la mesure où le défenseur comorien a commencé à délaisser son couloir, ce qu’a essayé de compenser Imbula avec son entrée à la place de Thauvin. C’est d’ailleurs de ce côté que vient le but victorieux de Grosskreutz. Ce n’est pas pour autant que les espaces de l’autre côté ont manqué pour Dortmund. En effet, Mendy est plusieurs fois piégé dans son dos et c’est de son côté que viennent les plus franches occasions de la formation de Klopp, suite à deux merveilleuses talonnades de Lewandowski. On peut alors se demander si Anigo n’aurait pas du mettre Morel en position d’arrière gauche derrière Mendy, ce dernier possédant un profil bien plus offensif que l’ancien Lorientais.

Morel

Khalifa a manqué de rigueur défensivement, et Anigo l’a bien compris en faisant entrer Morel. Celui-ci s’en est tenu à protéger son couloir pour faire face aux coups de boutoir du duo Blaszczykowski- Grosskreutz.

A gauche

A gauche, les zones préférentielles du Borussia Dortmund de l’exclusion de Payet jusqu’à l’entrée de Morel. Après la présence de l’arrière gauche marseillais, les hommes de Jurgen Klopp vont plus souvent attaquer du côté d’un Kassim Abdallah fragile.

Conclusion

Pas de chance pour José Anigo, qui pour son premier match n’a pas été aidé par les absences des cadres comme Ayew, Valbuena ou Nkoulou, et l’expulsion de Dimitri Payet. Jusqu’ici, le match de l’OM était plutôt bon. Les Marseillais ont fait preuve de plus d’envie par rapport aux dernières défaites survenues avec Elie Baup, mais ils ont aussi manqué d’agressivité à la récupération du ballon et au pressing. Les idées d’Anigo, qui semble toujours fidèle à sa philosophie défensive (la même qu’en 2003-2004) auraient pu marcher hier soir, mais il a été puni par la faiblesse récurrence de ses latéraux, et ce malgré l’entrée de Jérémy Morel. Le fossé entre l’OM et les grandes équipes est toujours énorme, et le nouveau coach mérite d’être jugé lors d’un vrai test. Ca tombe bien, son équipe se déplace dimanche à Lyon pour un match important face à l’OL.

Publicités

3 réflexions sur “Marseille 1-2 Dortmund : Anigo avec des idées

  1. j ai pas le temps pour l instant de tout lire attentivement et avec réflexion,..mais c’est ce genre de travail que je trouve constructif. Juste sur la deuxiéme phases de jeu ,…Mendy est a la ramasse à des kilomètres du ballon mais les milieux défensifs aussi,(le bloc équipe inexistant)…Je vais revenir dessus pour approfondir ta thèse ,..c’est hyper sympa

    • Salut Fabre, en effet les deux milieux ont très très peu compensé les montées des latéraux et surtout Cheyrou. Lemina a parfois compensé les appels de Fanni vers l’avant. C’était plus difficile pour Cheyrou.

      Merci pour tes commentaires !

      • on a pu voir l ‘ alignement à plan de l’ OM que se soit en défense ou au milieu tout au long du match..La première tactique de Dormunt, c’ était d’envoyer des ballons par dessus les défenseurs axiaux Marseillais jugés trop lent. Puis à 11 contre dix , d’utiliser les ailes, presser nos défensifs et surtout Cheyrou beaucoup trop lent dans la construction. En fait , …nous ne jouons pas en bloc, le repli défensif n’est pas placé et pas de pressing,…puisque à plat en attente et trop de liberté au porteur de ballon adverse..A la récupération la construction ne peut pas être bonne et rapide puisque les joueurs partent de positions défensives en ligne et à plat qui leur demande encore plus d’effort pour attaquer et entraîne moins de lucidité au fur et à mesure que le temps passe.. Et ainsi de suite,…un demi monte sur le porteur de balle seul et l adverse n ‘a cas décaler une , voir deux, puis trois,…etc,etc ,;;;jusqu’ au choix de passer par dessus la défense ou décalage sur les ailes….C’est laborieux et on part de très très loin pour reconstruire un schéma de jeu approprié. VOILA

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s