Marseille 0-1 Nantes : l’OM a montré ses limites

Après sa défaite au stade Pierre-Mauroy à Lille mardi (0-1), l’Olympique de Marseille a démontré qu’elle était incapable de gagner face aux gros, ayant déjà perdu ses matchs face à Paris et Monaco. Le FC Nantes avait donc l’occasion de repasser devant les Olympiens et confirmer que les hommes d’Elie Baup ont définitivement du mal avec les gros du championnat. Cependant, l’ancien technicien du TFC avait comme arme deux dispositifs pour cette rencontre : 4-3-3 en première mi-temps, 4-2-3-1 en deuxième.

  • Les effectifs
  • Première mi-temps
    • Le milieu nantais s’impose
    • La défense marseillaise trop fébrile
    • L’OM sans solution
  • Deuxième mi-temps
    • Du mieux en attaque pour l’OM
    • Toujours des espaces pour Nantes
  • Conclusion

Les effectifs :

Valbuena blessé, Baup choisit un 4-3-3. C'est ainsi Mario Lemina qui débute au milieu de terrain avec Romao et Cheyrou. Mendy fait son retour à gauche.

Valbuena blessé pour l’OM, Baup choisit un 4-3-3. C’est ainsi Mario Lemina qui débute au milieu de terrain avec Romao et Cheyrou. Mendy fait son retour à gauche.

Côté nantais, Touré remplace Jordan Veretout par rapport à la victoire contre Valenciennes. Bessat débute à gauche pour un 4-2-3-1.

Côté nantais, Touré remplace Jordan Veretout par rapport à la victoire contre Valenciennes. Bessat débute à gauche pour un 4-2-3-1 classique.

Première mi-temps

Le milieu nantais s’impose 

Absent jusqu’à la trêve (au moins) pour une blessure à la clavicule, Valbuena, qui intrinsèquement est certainement le meilleur élément marseillais, suscitait les interrogations autour du futur tactique de l’OM sans le meneur de l’Equipe de France. Par conséquent, Lemina et Cheyrou formaient devant Alaixys Romao le premier rideau du pressing du club phocéen en l’absence de « Petit Vélo ».

Alors que Vizcarrondo a le ballon, Cheyrou, venu de loin presse le défenseur  Vénézuelien.

Alors que Vizcarrondo a le ballon, Cheyrou, venu de loin, presse le défenseur Vénézuelien. Thauvin (au fond) reste assez loin de Cissoko, le latéral droit nantais.

Malheureusement pour Elie Baup, son plan va échouer puisque les deux milieux centraux olympiens, Cheyrou et Lemina, sont rapidement pris par Birama Touré et Lucas Deaux. Michel Der Zakarian a donc cherché à attaquer directement les premiers lanceurs de la construction marseillaise, inhalant ainsi toute possibilité de construction offensive pour l’OM. Après le match, Souleymane Diawara déplore que son équipe « a manqué d’agressivité dans la récupération du ballon ». Constat assez juste puisque les deux fer de lance des canaris ont systématiquement eu de l’espace devant eux pour pouvoir lancer leurs attaquants dans la profondeur, tandis que les deux milieux marseillais ont eu beaucoup plus de difficultés pour poser leur jeu. Birama Touré a donc réussi en première mi-temps 98 % de ses passes. 

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Les deux milieux nantais Touré et Deaux marquent Lemina et Cheyrou de près quand les défenseurs marseillais ont le ballon.

Les deux milieux nantais Touré et Deaux marquent Lemina et Cheyrou de près quand les défenseurs marseillais ont le ballon. Nkoulou, ici en possession du ballon, cherche une solution courte.

Lemina tente d'apporter une solution pour N'Koulou. Touré ne le lâche pas et le suit de très près, obligeant ainsi le défenseur camerounais à repasser par Souleymane Diawara.

Lemina tente d’apporter son soutien pour Nkoulou. Touré ne le lâche pas et le suit de très près, obligeant ainsi le défenseur camerounais à repasser par Souleymane Diawara.

A l'inverse, Cheyrou et Lemina semblent clairement en difficulté puisque leur mauvais alignement laisse Touré sans opposition

A l’inverse, Cheyrou et Lemina semblent clairement en difficulté puisque leur mauvais alignement laisse Touré sans opposition. Lemina ne réagit pas assez vite et Cheyrou, attiré par l’espace devant le Malien, délaisse Lucas Deaux derrière lui. Le milieu nantais peut donc tranquillement servir Djordevic dans la profondeur, parti dans le dos de Diawara.

La défense marseillaise trop fébrile

En plus des problèmes au milieu de terrain, les hommes de Michel Der Zakarian ont pu profiter de grandes largesses défensives de la part des phocéens. Les montées (parfois inutiles) des deux latéraux Mendy et Fanni ont offert aux nantais de grands boulevards à Gakpé et Bessat, qui n’en demandaient pas tant. Il devient donc plus facile aux canaris pour contre-attaquer, d’autant plus que les espaces laissés à Touré et Deaux, dépositaires du jeu de leur équipe samedi soir, permettaient d’encore plus s’appliquer. Comme si cela ne suffisait pas, les appels en profondeur de Djordjevic ont profondément perturbé la charnière marseillaise Diawara-Nkoulou. Les Nantais ont souvent utilisé le jeu long pour trouver leurs 4 attaquants, qui se trouvaient parfois tous à la limite du hors-jeu, prêts à partir en profondeur dans l’attente d’une offrande de leurs milieux.

Ici, Lucas Deaux, seul dans l'entrejeu, aperçoit l'appel de Bessat, complètement oublié par Rod Fanni (en bas à droite).

Ici, Lucas Deaux, seul dans l’entrejeu, aperçoit l’appel de Bessat, complètement oublié par Rod Fanni (en bas à droite). Heureusement pour les Marseillais, Deaux tardera beaucoup trop et Bessat sera signalé hors-jeu.

Même problème à gauche

Même problème à gauche, où Benjamin Mendy, qui marque Djordjevic, oublie Serge Gakpé dans son dos. Djilobodji lance l’ancien monégasque à la perfection. A noter que les attaquants nantais proposent toujours des solutions dans la profondeur.

Logiquement

Djordjevic montre ici sa qualité d’appels de balle et piège Nkoulou dans son dos. L’attaquant nantais est servi par Bessat et attire Diawara. Le Sénégalais laisse donc Bedoya tout seul au point de pénalty. Nantes ouvre logiquement le score.

L’OM sans solution 

L’Olympique de Marseille n’a eu en première mi-temps aucune occasion nette dans le jeu. La faute à un bon pressing nantais, qui a forcé les deux attaquants de côté, Payet et Thauvin, à jouer dos au but. Valbuena manquait donc énormément aux Marseillais, qui n’avait plus ce joueur capable de briser les lignes. Lemina et Cheyrou, qui auraient du jouer ce rôle, ont joué bien trop bas. Cheyrou, encore très faible samedi soir, a causé le même problème que face à Lille, incapable d’apporter offensivement. Même Lucas Deaux, qui pourtant n’avait pas un « 6 » susceptible de compenser ses montées, a joué plus haut que l’ex-lorientais, alors que ce dernier se trouvait dans une disposition qui lui permettait plus de liberté offensive, grâce à Romao derrière lui.

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Deuxième mi-temps

Du mieux en attaque pour l’OM

Elie Baup semble à la mi-temps avoir trouvé la solution à ses problèmes offensifs. Il repasse donc en 4-2-3-1 : Khalifa, qui remplace Lemina, passe à gauche et permet à Payet de jouer en position de meneur de jeu. Un choix qui a offert aux Phocéens plus de possibilités en attaque puisque plusieurs attaquants se présentaient donc dans la surface de réparation nantaise. Khalifa a ainsi parfois repiqué dans l’axe, laissant André-Pierre Gignac jouer dans sa position préférentielle à gauche, et, avec Thauvin et Payet souvent présents pour constituer les assauts marseillais, l’OM s’est logiquement créé quelques vraies occasions de plus. Le positionnement assez haut de Dimitri Payet a gêné les nantais, et Benoit Cheyrou a pu bénéficier de plus d’espaces pour servir ses partenaires, qui toutefois jouaient toujours dos au but, ne prenant pas assez la profondeur. Une réelle chance de marquer s’est présentée pour André-Pierre Gignac quand celui-ci a reçu un long ballon en profondeur. Il s’est malheureusement laissé tomber alors que Djilobodji semblait battu. L’intention de l’ex meilleur buteur du championnat dans ses déplacements était intéressante, certes, mais trop rare.

Le 4-2-3-1

Le 4-2-3-1 a permis à Gignac de décrocher à gauche, laissant à Khalifa le soin de proposer des solutions dans la surface, en plus de Thauvin.

Avec plus de joueurs dans la surface nantaise, l'OM se procure des oc

Avec plus de joueurs dans la surface nantaise, l’OM se procure des occasions nettes, comme sur ce contre, où Gignac , en position de centrer, possède désormais 3 joueurs autour de lui. Les Nantais sont gênés et Cissoko oublie Khalifa, qui demande le ballon, et qui est intelligemment servi par APG. Le Tunisien manque l’immanquable.

Toujours des espaces pour Nantes

Cependant, les maux olympiens n’ont cessé en deuxième période. En effet, Mendy a régulièrement oublié Serge Gakpé derrière lui, déstabilisant l’arrière garde marseillaise, et le mauvais positionnement de Diawara et Nkoulou n’ont rien arrangé. Michel Der Zakarian a très intelligemment fait le choix de faire rentrer Jordan Veretout assez tôt dans la seconde période (en lieu et place de Bedoya), dont le jeu sans ballon a aussi permis aux Canaris de se procurer des occasions, notamment celle de Djordevic. Le champion du monde des moins de 20 ans a parfois pris la profondeur et offert des espaces à droite, quand Gakpé, serré par Mendy, redescendait chercher le ballon. Veretout a donc pu se déplacer à droite sans être inquiété. Mais Nantes n’a pas toujours exploité ces espaces, pour lesquels Fanni est aussi fautif de l’autre côté.

Ici,

Ici, Mendy, qui marque Gakpé, est obligé de prendre Djordjevic, tout seul au point de penalty sur ce centre de Bessat. Serge Gakpé se retrouve tout seul au second poteau mais rate complètement sa frappe du gauche.

La plus grosse

La plus grosse occasion nantaise part une nouvelle fois du côté droit, où Gakpé, tout seul sur son côté suite à un égarement de Mendy, reçoit un long ballon de Djilobodji. Le milieu droit se joue de l’ancien Havrais et  bénéficie de l’excellent appel de Jordan Veretout, qui entraîne Diawara et Nkoulou dans son sillage. Djordevic demeure sans marquage et ajuste Mandanda qui sauve les siens.

Conclusion

A l’image de la défaite à Lille, Elie Baup s’est montré impuissant. Le manque d’envie et d’agressivité des Marseillais s’est fait ressentir au milieu de terrain, largement dominé par les Nantais en première mi-temps par l’intermédiaire de leur doublette Touré – Deaux. L’absence de Mathieu Valbuena a cruellement fait défaut à l’OM mais les remplaçants recrutés lors de l’intersaison n’arrivent toujours pas à montrer que le club peut réussir sans ses cadres. André Ayew aurait également pu se sublimer dans un 4-3-3 qui lui va bien mais qui n’a pas marché samedi soir. Le passage en 4-2-3-1 n’y a rien changé, et Michel Der Zakarian, responsable par ailleurs d’un excellent coaching durant la rencontre avec l’entrée de Veretout, a gagné la bataille tactique face à Baup, comme Girard mardi. L’apparition des « Baup démission » dans les virages du Vélodrome en fin de match et cette incapacité à obtenir des points contre les équipes devant elle pose un constat dur à encaisser : l’OM reste assez loin du niveau de jeu du trio de tête et cette place européenne sera difficile à aller chercher.

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