Arsenal 2-1 Liverpool : la revanche de Wenger

Quelques jours seulement après la déroute à Anfield Road (1-5), c’est cette fois-ci l’Emirates Stadium qui est le théâtre de cette deuxième confrontation en une semaine. Accrochés contre Manchester United quelques jours auparavant, Arsenal a donc réussi à inverser la … Lire la suite

Manchester City 0-1 Chelsea : la bataille du milieu

Après la correction infligée à White Hart Lane à Tottenham (5-1), Manchester City recevait Chelsea en favori. Les Blues, accrochés à domicile par West Ham (0-0) et qui avaient l’occasion de revenir à hauteur de leurs adversaires du soir, ont cette fois-ci remporté le match tactique qui opposait Manuel Pellegrini à José Mourinho. Le Portugais a ainsi réussi l’incroyable performance d’empêcher City de marquer un but à domicile, la première fois depuis trois ans.

Les effectifs

Par rapport à l'équipe débutant face aux Spurs, deux absents notables : Aguero, remplacé par Dzeko aux côtés de Negredo devant, et Fernandinho, qui laisse sa place à Demichelis dans l'entrejeu.

Par rapport à l’équipe débutant face aux Spurs, deux absents notables : Aguero, remplacé par Dzeko aux côtés de Negredo devant, et Fernandinho, qui laisse sa place à Demichelis dans l’entrejeu.

En face

En face, Willian remplace Oscar en soutien de Samuel Eto’o. A noter la titularisation de la nouvelle recrue Matic, aligné avec David Luiz dans l’entrejeu.

Le milieu de terrain de Chelsea s’impose

Dès le coup d’envoi, Manchester City pose le pied sur le ballon et tente d’imposer son jeu. Le 4-2-3-1 s’avère en réalité être un 4-4-2 avec Dzeko et Negredo aux avants-postes. David Silva est une nouvelle fois l’électron libre des Citizens, puisqu’il constitue le troisième élément du milieu de terrain mancunien avec Touré et Demichelis. Contre Tottenham, l’ancien joueur de Valence a constamment déstabilisé l’arrière garde des hommes de Sherwood, profitant des décrochages de Dzeko ou Aguero pour s’infiltrer derrière le double pivot Bentaleb-Dembelé. Hier soir face à Chelsea, la paire Matic-Luiz, aidée par Willian, a fait la différence dès le premier but des hommes de Mourinho. Pourtant, l’espace dont Silva a profité a mis en difficulté la défense adverse en début de match, subissant les nombreux assauts des attaquants mancuniens. José Mourinho a ensuite réussi à sortir la tête de l’eau face à la fluidité du milieu de terrain des Skyblues.

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C’est au milieu de terrain que Chelsea a remporté le match. Le triangle mancunien, formé de Demichelis, Touré et Silva, a parfaitement été contenu par la triplette Matic, Luiz et Willian, aidée par la présence de Ramires dans l’entrejeu (formant en réalité un quatuor). L’ancien joueur du Shakhtar, tout comme Oscar, fait ici tout ce que n’a pu apporter Juan Mata lors de son récent passage à Londres.

City passe sur les côtés

Le milieu de terrain perdu, Manchester City penche ainsi sur le côté pour tenter de centrer en direction de Negredo ou Dzeko, Kolarov côté gauche, Zabaleta et Navas à droite. C’est d’ailleurs de ce côté que le jeu des hommes de Pellegrini penche. Jesus Navas, lui, ne décroche pas et reste souvent collé sur son côté tel un vrai ailier, à l’inverse de David Silva qui, de l’autre, décroche énormément vers l’axe, l’arrière et à droite.

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Manchester City a tenté 40 centres durant la rencontre (pour 10 réussis).

Manchester City a tenté 40 centres durant la rencontre (pour 10 réussis).

Malgré une belle insistance de la part de Manchester City, les joueurs n’ont réussi que 10 centres, soit un centre sur 4 qui a trouvé preneur.

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Sur le côté gauche, Kolarov, esseulé, n’a pas d’autre choix que de revenir sur Demichelis. Le côté droit offre cependant plus de solutions.

Sans titre-5Grâce à ce positionnement de Chelsea, les Blues ont donc pu se créer de nombreuses occasions dangereuses grâce à leur qualité première : la contre attaque.

Le double pivot mancunien en difficulté et les contres de Chelsea

Avec ses deux milieux relayeurs déjà sous pression en phase offensive, Manchester City s’est rapidement retrouvé dépourvu de force défensive par le manque de discipline de Yaya Touré et Martin Demichelis. L’Argentin n’a pas pu offrir à City ce que Fernandinho faisait à merveille, et la liberté offensive octroyée aux deux joueurs a largement profité à Chelsea, qui, avec la qualité de son attaque (et surtout Hazard, fantastique hier soir), n’en demandait pas plus.

Les contres de Chelsea sont redoutables. Demichelis, pressé par Willian, perd le ballon et offre à Matic le début d'une énorme occasion pour les Blues, gâchée par Ramires puis Willian.

Les contres de Chelsea sont redoutables. Demichelis, pressé par Willian, perd le ballon et offre à Matic le début d’une énorme occasion pour les Blues, gâchée par Ramires puis Willian.

Ramires, Hazard et Willian font preuve d’une grosse détermination sur cette action. Alors qu’ils marquaient chacun un joueur sur le corner précédent, ils se projettent immédiatement vers l’avant pour se libérer des Citizens et pouvoir se procurer facilement des occasions importantes.

Et c’est l’ouverture du score de Branislav Ivanovic qui sera la parfaite illustration de tous ces problèmes.

Sans titre-3Eden Hazard, qui élimine au départ deux joueurs pour basculer le jeu sur le côté droit, est indispensable aux contres de Chelsea. Le Belge s’inflitre régulièrement entre les lignes, est souvent démarqué et par ses dribbles, a déstabilisé une défense de Manchester City déjà en difficulté. Touré marche sur le but d’Ivanovic et fait preuve de son impuissance défensive, tout comme Demichelis. On peut alors se demander pourquoi Manuel Pellegrini n’a pas titularisé Milner, même si Fernandinho fait énormément de bien dans l’entrejeu des Skyblues.

L'image proposée par Sky Sports met en exergue un constat frappant : Silva, qui doit prendre Ivanovic, est complètement à l'opposé du terrain sur le but du Serbe.

L’image proposée par Sky Sports met en exergue un constat frappant : Silva, qui doit prendre Ivanovic, est complètement à l’opposé du terrain sur le but du Serbe.

Deuxième mi-temps

La seconde période n’a pas changé grand chose au déroulement de la rencontre. Chelsea a au contraire commencé à avoir la possession de balle pour gérer le reste de la rencontre. Tout en gardant la même solidité défensive, les Blues ont ainsi touché trois fois les poteaux après l’ouverture du score. Manuel Pellegrini semblait pourtant avoir compris le problème de ses joueurs. En faisant entrer Jovetic à la place de Negredo peu avant l’heure de jeu, Manchester City a bénéficié d’un milieu de terrain supplémentaire aux côtés de Touré, Demichelis et Silva face à ceux de Chelsea, le Monténégrin évoluant plus en position de meneur de jeu avancé. Mais rien n’y fit.

Conclusion

Emmenés par un superbe Eden Hazard, les hommes de José Mourinho, qui a gagné la bataille tactique du soir, ont pris le dessus sur des Citizens qui ont fait preuve d’un cruel manque de discipline défensive, notamment avec les deux milieux relayeurs Touré – Demichelis. Le score aurait même pu être plus sévère si les Blues avaient été plus réalistes. Tous impliqués par le travail défensif, volonté du Special One, les joueurs londoniens ont montré qu’ils étaient des candidats plus que sérieux au titre, et reviennent désormais à hauteur de leurs adversaires, et à deux points du leader Arsenal. Manchester City devra désormais résoudre le problème de jouer sans Fernandinho et Aguero, si importants à l’accoutumée.

Marseille 1-2 Dortmund : Anigo avec des idées

Elie Baup limogé samedi dernier après la défaite face à Nantes (0-1), c’est avec Anigo aux commandes que l’OM se présentait pour sa dernière rencontre en phase de poules de cette Ligue des Champions. Le nouvel entraîneur avait l’occasion de sauver l’honneur pour le club phocéen, toujours dernier avec 0 point, face à un Borussia orphelin de sa défense type et pas encore qualifié.

  • Les effectifs
  • Avant l’expulsion de Payet 
    • Un côté gauche marseillais toujours frileux
    • Un gros pressing allemand
  • Après l’expulsion de Payet
    • Le Borussia créé le surnombre
    • L’entrée de Morel
  • Conclusion

Les effectifs 

3ème dispositif

3ème dispositif différent en 3 mi-temps après le 4-3-3 puis le 4-2-3-1 utilisés contre Nantes. Anigo met en place un 4-4-2 inédit avec Khalifa en pointe avec Gignac. Lemina et Cheyrou sont reconduits au milieu de terrain.

Défense décimée pour les Bavarois. Sans Hummels, Bender ou Subotic, le BVB titularise le jeune Sarr derrière. Un temps incertain, Sahin est finalement aligné.

Défense décimée pour les Bavarois. Sans Hummels, Bender ou Subotic, le BVB titularise le jeune Sarr derrière. Un temps incertain, Sahin est finalement aligné.

Avant l’expulsion de Payet

Ce qui se présente comme un 4-4-2 se révèle être en réalité le 4-2-3-1 classique de l'OM, avec Thauvin en soutien d'André-Pierre Gignac. Khalifa prend l'aile droite.

Ce qui se présente comme un 4-4-2 se révèle être en réalité le 4-2-3-1 classique de l’OM, avec Thauvin en soutien d’André-Pierre Gignac. Khalifa prend l’aile droite.

Un coté gauche marseillais toujours frileux

D’entrée de jeu, le Borussia impose un gros pressing en attaquant régulièrement le porteur du ballon à trois joueurs. L’OM lui,trouve très peu de solutions offensives. Dortmund domine logiquement la rencontre et ouvre rapidement le score dès la 4ème minute par l’intermédiaire de Robert Lewandowski qui prend le dessus sur Lucas Mendes. Jurgen Klopp a bien vu les failles des Marseillais sur le côté gauche face à Nantes. C’est donc le côté droit allemand qui prend le dessus sur ce début de match, le BVB concentrant toutes ses attaques par des appels de sa paire Blaszczykowski – Grosskreutz, bien aidés par les nouvelles errances de Benjamin Mendy. Dortmund, une des meilleurs équipes de contre, ne se prive pas de profiter de ses passes rapides qui leur permettent de se procurer la plupart de ses occasions.

Mendy

Il suffit de quelques passes au Borussia pour arriver dans la surface de réparation marseillaise. Après une perte du ballon des Olympiens, Blaszczykowski reçoit rapidement le cuir et se retrouve avec un boulevard devant lui, puisque l’arrière gauche de l’OM Benjamin Mendy reste très loin du Polonais.

Grosskreutz

Grosskreutz a apporté à permis à son équipe de créer à plusieurs reprises le surnombre grâce à ses montées, notamment celle-ci, sur laquelle Payet l’oublie totalement.

Situation parfaitement illustrée par le graphique ci-dessous. Le BVB concentre la majorité de ses phases offensives de cette rencontre sur son côté droit, qui défensivement est le côté faible de l'OM.

Situation parfaitement illustrée par le graphique ci-dessous. Le BVB concentre la majorité de ses phases offensives de cette rencontre sur son côté droit, qui défensivement est le côté faible de l’OM.

Le paradoxe

Tout le paradoxe de ce match est démontré ici, puisque Dortmund n’a réussi que 4 de ses 31 centres. C’est inférieur à l’OM, qui n’a pourtant centré que deux fois moins.

L'autre

L’autre problème marseillais est l’espace conséquent laissé à Nuri Sahin dès que celui-ci avait le ballon. Ce dernier a donc pu réussir 91 % de ses passes, avec 112 passes réussies.

Un gros pressing allemand

Comme noté plus haut, l’OM fait face à un bloc allemand très présent dans la zone de Cheyrou et Lemina lors de la phase de récupération de ballon. Le double pivot marseillais a par conséquent eu du mal à construire face à un triangle défensif présent à chaque prise de balle du club phocéen et à l’affût de la moindre perte de balle. Mkhitaryan, le plus actif dans cette zone, a été le joueur commun à chaque tentative de récupération rapide du BVB. Après ce pressing, Dortmund n’a parfois besoin que de trois passes pour se retrouver en position de marquer. Celui effectué par l’OM sur les deux milieux Sahin – Kehl était faible et laissait le milieu arménien souvent libre de tout marquage entre les lignes.

Ce

Ce fameux triangle de récupération du Borussia Dortmund a posé énormément de difficultés aux Marseillais, comme sur cette perte de balle de Benoit Cheyrou qui va ouvrir le champ à une offensive allemande.

La même

La même chose est visible quand l’OM se présente dans le camp allemand. Sur cette image, c’est Thauvin qui va perdre le ballon, pressé par 3 joueurs.

Mkhitaryan

Mkhitaryan, omniprésent entre les lignes phocéennes, est libre sur cette action, qui aboutira à un service de Sarr pour l’ancien joueur du Shakhtar. L’Arménien aura tout le temps de servir un de ses attaquants par la suite.

Après l’expulsion de Payet

Le Borussia créé le surnombre

Malgré cette domination allemande, l’OM semble pourtant pouvoir tenir son point du match nul après le but de Souleymane Diawara (14ème minute). L’OM montre plus d’envie qu’auparavant, la charnière Diawara – Mendes ne fait que très peu d’erreurs de placement excepté sur le but de Lewandowski (contrairement à ce que l’on pouvait constater avec Elie Baup) et le BVB n’a pas de très nettes occasions. Malheureusement pour José Anigo, Dimitri Payet se fait exclure à la 34ème minute après un deuxième carton jaune pour simulation. De quoi rendre le côté gauche Marseillais encore plus fébrile. Suite à cela, l’entraîneur marseillais « par intérim » prend de nouvelles décisions. Un replacement tactique et une ligne défensive beaucoup plus basse. A partir de cette expulsion, l’OM va jouer clairement plus défensif et va subir les nombreux assauts allemands.

José Anigo replace Khalifa sur le côté gauche. Thauvin occupe donc l'autre côté.

José Anigo replace Khalifa sur le côté gauche. Thauvin occupe donc l’autre côté.

En phase

En phase offensive, quasiment tous les joueurs de Dortmund sont dans le camp marseillais. Ici, 9 joueurs sont présents.

Au contraire,

Au contraire, quand l’OM se présente dans la moitié de terrain adverse, c’est toute l’équipe qui défend, prête à contre-attaquer (Tous les joueurs sont présents sur cette capture). Dès que le ballon est récupéré, tout le bloc allemand attaque.

L’entrée de Morel

Malgré cette mentalité très défensive remarquée chez les Marseillais, les problèmes côté gauche ne désemplissent pas. José Anigo demande à Saber Khalifa de revenir défendre et bloquer les montées de Grosskreutz. Malheureusement, l’OM n’y arrive pas et la propension de Khalifa à repiquer dans l’axe provoque la sortie de l’attaquant tunisien. Anigo a bien compris d’où vient les divergeances des capacités latérales de l’Olympique de Marseille. L’ancien minot fait ainsi rentrer Jérémy Morel en lieu et place de l’ancien joueur d’Evian. Choix plutôt judicieux au départ puisque cette entrée entraîne un basculement du jeu allemand vers l’aile droite. Mais comme si toutes les blessures  déjà existantes des joueurs olympiens ne suffisaient pas, Lucas Mendes est sorti sur blessure à la mi-temps pour l’entrée d’Abdallah, Fanni glissant dans l’axe. Les latéraux marseillais constituent bien le point faible de l’OM dans la mesure où le défenseur comorien a commencé à délaisser son couloir, ce qu’a essayé de compenser Imbula avec son entrée à la place de Thauvin. C’est d’ailleurs de ce côté que vient le but victorieux de Grosskreutz. Ce n’est pas pour autant que les espaces de l’autre côté ont manqué pour Dortmund. En effet, Mendy est plusieurs fois piégé dans son dos et c’est de son côté que viennent les plus franches occasions de la formation de Klopp, suite à deux merveilleuses talonnades de Lewandowski. On peut alors se demander si Anigo n’aurait pas du mettre Morel en position d’arrière gauche derrière Mendy, ce dernier possédant un profil bien plus offensif que l’ancien Lorientais.

Morel

Khalifa a manqué de rigueur défensivement, et Anigo l’a bien compris en faisant entrer Morel. Celui-ci s’en est tenu à protéger son couloir pour faire face aux coups de boutoir du duo Blaszczykowski- Grosskreutz.

A gauche

A gauche, les zones préférentielles du Borussia Dortmund de l’exclusion de Payet jusqu’à l’entrée de Morel. Après la présence de l’arrière gauche marseillais, les hommes de Jurgen Klopp vont plus souvent attaquer du côté d’un Kassim Abdallah fragile.

Conclusion

Pas de chance pour José Anigo, qui pour son premier match n’a pas été aidé par les absences des cadres comme Ayew, Valbuena ou Nkoulou, et l’expulsion de Dimitri Payet. Jusqu’ici, le match de l’OM était plutôt bon. Les Marseillais ont fait preuve de plus d’envie par rapport aux dernières défaites survenues avec Elie Baup, mais ils ont aussi manqué d’agressivité à la récupération du ballon et au pressing. Les idées d’Anigo, qui semble toujours fidèle à sa philosophie défensive (la même qu’en 2003-2004) auraient pu marcher hier soir, mais il a été puni par la faiblesse récurrence de ses latéraux, et ce malgré l’entrée de Jérémy Morel. Le fossé entre l’OM et les grandes équipes est toujours énorme, et le nouveau coach mérite d’être jugé lors d’un vrai test. Ca tombe bien, son équipe se déplace dimanche à Lyon pour un match important face à l’OL.

Marseille 0-1 Nantes : l’OM a montré ses limites

Après sa défaite au stade Pierre-Mauroy à Lille mardi (0-1), l’Olympique de Marseille a démontré qu’elle était incapable de gagner face aux gros, ayant déjà perdu ses matchs face à Paris et Monaco. Le FC Nantes avait donc l’occasion de repasser devant les Olympiens et confirmer que les hommes d’Elie Baup ont définitivement du mal avec les gros du championnat. Cependant, l’ancien technicien du TFC avait comme arme deux dispositifs pour cette rencontre : 4-3-3 en première mi-temps, 4-2-3-1 en deuxième.

  • Les effectifs
  • Première mi-temps
    • Le milieu nantais s’impose
    • La défense marseillaise trop fébrile
    • L’OM sans solution
  • Deuxième mi-temps
    • Du mieux en attaque pour l’OM
    • Toujours des espaces pour Nantes
  • Conclusion

Les effectifs :

Valbuena blessé, Baup choisit un 4-3-3. C'est ainsi Mario Lemina qui débute au milieu de terrain avec Romao et Cheyrou. Mendy fait son retour à gauche.

Valbuena blessé pour l’OM, Baup choisit un 4-3-3. C’est ainsi Mario Lemina qui débute au milieu de terrain avec Romao et Cheyrou. Mendy fait son retour à gauche.

Côté nantais, Touré remplace Jordan Veretout par rapport à la victoire contre Valenciennes. Bessat débute à gauche pour un 4-2-3-1.

Côté nantais, Touré remplace Jordan Veretout par rapport à la victoire contre Valenciennes. Bessat débute à gauche pour un 4-2-3-1 classique.

Première mi-temps

Le milieu nantais s’impose 

Absent jusqu’à la trêve (au moins) pour une blessure à la clavicule, Valbuena, qui intrinsèquement est certainement le meilleur élément marseillais, suscitait les interrogations autour du futur tactique de l’OM sans le meneur de l’Equipe de France. Par conséquent, Lemina et Cheyrou formaient devant Alaixys Romao le premier rideau du pressing du club phocéen en l’absence de « Petit Vélo ».

Alors que Vizcarrondo a le ballon, Cheyrou, venu de loin presse le défenseur  Vénézuelien.

Alors que Vizcarrondo a le ballon, Cheyrou, venu de loin, presse le défenseur Vénézuelien. Thauvin (au fond) reste assez loin de Cissoko, le latéral droit nantais.

Malheureusement pour Elie Baup, son plan va échouer puisque les deux milieux centraux olympiens, Cheyrou et Lemina, sont rapidement pris par Birama Touré et Lucas Deaux. Michel Der Zakarian a donc cherché à attaquer directement les premiers lanceurs de la construction marseillaise, inhalant ainsi toute possibilité de construction offensive pour l’OM. Après le match, Souleymane Diawara déplore que son équipe « a manqué d’agressivité dans la récupération du ballon ». Constat assez juste puisque les deux fer de lance des canaris ont systématiquement eu de l’espace devant eux pour pouvoir lancer leurs attaquants dans la profondeur, tandis que les deux milieux marseillais ont eu beaucoup plus de difficultés pour poser leur jeu. Birama Touré a donc réussi en première mi-temps 98 % de ses passes. 

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Les deux milieux nantais Touré et Deaux marquent Lemina et Cheyrou de près quand les défenseurs marseillais ont le ballon.

Les deux milieux nantais Touré et Deaux marquent Lemina et Cheyrou de près quand les défenseurs marseillais ont le ballon. Nkoulou, ici en possession du ballon, cherche une solution courte.

Lemina tente d'apporter une solution pour N'Koulou. Touré ne le lâche pas et le suit de très près, obligeant ainsi le défenseur camerounais à repasser par Souleymane Diawara.

Lemina tente d’apporter son soutien pour Nkoulou. Touré ne le lâche pas et le suit de très près, obligeant ainsi le défenseur camerounais à repasser par Souleymane Diawara.

A l'inverse, Cheyrou et Lemina semblent clairement en difficulté puisque leur mauvais alignement laisse Touré sans opposition

A l’inverse, Cheyrou et Lemina semblent clairement en difficulté puisque leur mauvais alignement laisse Touré sans opposition. Lemina ne réagit pas assez vite et Cheyrou, attiré par l’espace devant le Malien, délaisse Lucas Deaux derrière lui. Le milieu nantais peut donc tranquillement servir Djordevic dans la profondeur, parti dans le dos de Diawara.

La défense marseillaise trop fébrile

En plus des problèmes au milieu de terrain, les hommes de Michel Der Zakarian ont pu profiter de grandes largesses défensives de la part des phocéens. Les montées (parfois inutiles) des deux latéraux Mendy et Fanni ont offert aux nantais de grands boulevards à Gakpé et Bessat, qui n’en demandaient pas tant. Il devient donc plus facile aux canaris pour contre-attaquer, d’autant plus que les espaces laissés à Touré et Deaux, dépositaires du jeu de leur équipe samedi soir, permettaient d’encore plus s’appliquer. Comme si cela ne suffisait pas, les appels en profondeur de Djordjevic ont profondément perturbé la charnière marseillaise Diawara-Nkoulou. Les Nantais ont souvent utilisé le jeu long pour trouver leurs 4 attaquants, qui se trouvaient parfois tous à la limite du hors-jeu, prêts à partir en profondeur dans l’attente d’une offrande de leurs milieux.

Ici, Lucas Deaux, seul dans l'entrejeu, aperçoit l'appel de Bessat, complètement oublié par Rod Fanni (en bas à droite).

Ici, Lucas Deaux, seul dans l’entrejeu, aperçoit l’appel de Bessat, complètement oublié par Rod Fanni (en bas à droite). Heureusement pour les Marseillais, Deaux tardera beaucoup trop et Bessat sera signalé hors-jeu.

Même problème à gauche

Même problème à gauche, où Benjamin Mendy, qui marque Djordjevic, oublie Serge Gakpé dans son dos. Djilobodji lance l’ancien monégasque à la perfection. A noter que les attaquants nantais proposent toujours des solutions dans la profondeur.

Logiquement

Djordjevic montre ici sa qualité d’appels de balle et piège Nkoulou dans son dos. L’attaquant nantais est servi par Bessat et attire Diawara. Le Sénégalais laisse donc Bedoya tout seul au point de pénalty. Nantes ouvre logiquement le score.

L’OM sans solution 

L’Olympique de Marseille n’a eu en première mi-temps aucune occasion nette dans le jeu. La faute à un bon pressing nantais, qui a forcé les deux attaquants de côté, Payet et Thauvin, à jouer dos au but. Valbuena manquait donc énormément aux Marseillais, qui n’avait plus ce joueur capable de briser les lignes. Lemina et Cheyrou, qui auraient du jouer ce rôle, ont joué bien trop bas. Cheyrou, encore très faible samedi soir, a causé le même problème que face à Lille, incapable d’apporter offensivement. Même Lucas Deaux, qui pourtant n’avait pas un « 6 » susceptible de compenser ses montées, a joué plus haut que l’ex-lorientais, alors que ce dernier se trouvait dans une disposition qui lui permettait plus de liberté offensive, grâce à Romao derrière lui.

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Deuxième mi-temps

Du mieux en attaque pour l’OM

Elie Baup semble à la mi-temps avoir trouvé la solution à ses problèmes offensifs. Il repasse donc en 4-2-3-1 : Khalifa, qui remplace Lemina, passe à gauche et permet à Payet de jouer en position de meneur de jeu. Un choix qui a offert aux Phocéens plus de possibilités en attaque puisque plusieurs attaquants se présentaient donc dans la surface de réparation nantaise. Khalifa a ainsi parfois repiqué dans l’axe, laissant André-Pierre Gignac jouer dans sa position préférentielle à gauche, et, avec Thauvin et Payet souvent présents pour constituer les assauts marseillais, l’OM s’est logiquement créé quelques vraies occasions de plus. Le positionnement assez haut de Dimitri Payet a gêné les nantais, et Benoit Cheyrou a pu bénéficier de plus d’espaces pour servir ses partenaires, qui toutefois jouaient toujours dos au but, ne prenant pas assez la profondeur. Une réelle chance de marquer s’est présentée pour André-Pierre Gignac quand celui-ci a reçu un long ballon en profondeur. Il s’est malheureusement laissé tomber alors que Djilobodji semblait battu. L’intention de l’ex meilleur buteur du championnat dans ses déplacements était intéressante, certes, mais trop rare.

Le 4-2-3-1

Le 4-2-3-1 a permis à Gignac de décrocher à gauche, laissant à Khalifa le soin de proposer des solutions dans la surface, en plus de Thauvin.

Avec plus de joueurs dans la surface nantaise, l'OM se procure des oc

Avec plus de joueurs dans la surface nantaise, l’OM se procure des occasions nettes, comme sur ce contre, où Gignac , en position de centrer, possède désormais 3 joueurs autour de lui. Les Nantais sont gênés et Cissoko oublie Khalifa, qui demande le ballon, et qui est intelligemment servi par APG. Le Tunisien manque l’immanquable.

Toujours des espaces pour Nantes

Cependant, les maux olympiens n’ont cessé en deuxième période. En effet, Mendy a régulièrement oublié Serge Gakpé derrière lui, déstabilisant l’arrière garde marseillaise, et le mauvais positionnement de Diawara et Nkoulou n’ont rien arrangé. Michel Der Zakarian a très intelligemment fait le choix de faire rentrer Jordan Veretout assez tôt dans la seconde période (en lieu et place de Bedoya), dont le jeu sans ballon a aussi permis aux Canaris de se procurer des occasions, notamment celle de Djordevic. Le champion du monde des moins de 20 ans a parfois pris la profondeur et offert des espaces à droite, quand Gakpé, serré par Mendy, redescendait chercher le ballon. Veretout a donc pu se déplacer à droite sans être inquiété. Mais Nantes n’a pas toujours exploité ces espaces, pour lesquels Fanni est aussi fautif de l’autre côté.

Ici,

Ici, Mendy, qui marque Gakpé, est obligé de prendre Djordjevic, tout seul au point de penalty sur ce centre de Bessat. Serge Gakpé se retrouve tout seul au second poteau mais rate complètement sa frappe du gauche.

La plus grosse

La plus grosse occasion nantaise part une nouvelle fois du côté droit, où Gakpé, tout seul sur son côté suite à un égarement de Mendy, reçoit un long ballon de Djilobodji. Le milieu droit se joue de l’ancien Havrais et  bénéficie de l’excellent appel de Jordan Veretout, qui entraîne Diawara et Nkoulou dans son sillage. Djordevic demeure sans marquage et ajuste Mandanda qui sauve les siens.

Conclusion

A l’image de la défaite à Lille, Elie Baup s’est montré impuissant. Le manque d’envie et d’agressivité des Marseillais s’est fait ressentir au milieu de terrain, largement dominé par les Nantais en première mi-temps par l’intermédiaire de leur doublette Touré – Deaux. L’absence de Mathieu Valbuena a cruellement fait défaut à l’OM mais les remplaçants recrutés lors de l’intersaison n’arrivent toujours pas à montrer que le club peut réussir sans ses cadres. André Ayew aurait également pu se sublimer dans un 4-3-3 qui lui va bien mais qui n’a pas marché samedi soir. Le passage en 4-2-3-1 n’y a rien changé, et Michel Der Zakarian, responsable par ailleurs d’un excellent coaching durant la rencontre avec l’entrée de Veretout, a gagné la bataille tactique face à Baup, comme Girard mardi. L’apparition des « Baup démission » dans les virages du Vélodrome en fin de match et cette incapacité à obtenir des points contre les équipes devant elle pose un constat dur à encaisser : l’OM reste assez loin du niveau de jeu du trio de tête et cette place européenne sera difficile à aller chercher.